N'avez vous pas l'impression que les effets visuels dans les anciens films étaient meilleurs que ceux d'aujourd'hui ? Et si je vous disais que ce n'était pas de la nostalgie. En effet, dans les années 60, Disney avait en main une technologie qui était bien supérieure à celle des fonds verts actuels, et ce sans même avoir d'ordinateurs. Mais avant de vous parler de cette technique, mettons au clair ce que c'est qu'un fond vert.
L'idée du fond vert c'est de pouvoir remplacer le fond par n'importe quelle image, et donc d'intégrer un personnage ou un objet où l’on veut avec pour seule limite notre imagination. Pouvoir transposer une image en mouvement sur une autre est la base fondamentale des effets visuels. Tous les effets spéciaux de tous vos films favoris reposent sur cette technique, et la principale façon de le faire est d'utiliser la méthode d'incrustation.
L'incrustation et la technique du cache/contre-cache sont des procédés utilisés dans le domaine du cinéma. De nos jours on peut facilement le réaliser à l'aide de logiciels, mais avant l'avènement du numérique, l'incrustation se faisait principalement à l'aide de masques physiques et de tireuses optiques. Voici comment cela fonctionnait :
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On commençait par filmer séparément un objet (comme un acteur ou un élément) sur un fond vert. Ensuite, on crée un masque à partir de l'image de l'objet en transformant la couleur du fond en un masque noir. Ce masque indique quels parties de l'image finale seront remplacés par l'objet. En utilisant une tireuse optique en post-production, on superpose l'image de l'objet sur l'image du décor. Les parties correspondant au masque noir sont remplacées par l'objet filmé séparément.
Ainsi, l'objet semble faire partie intégrante du fond. Après l'incrustation, on obtient une seule image composite où l'objet est parfaitement intégré au décor. Cette technique permet de créer des effets spéciaux tels que des personnages volant dans des paysages fantastiques ou des scènes impossibles à filmer en une seule prise. (parler de matte mobile ?)
Mais la technique de l'incrustation permet également de masquer des objets. En effet mon t-shirt vert se confondrait avec l'arrière plan et mon ventre disparaîtrait, je serais donc coupé en deux. Pour régler ce problème on pourrait utiliser le fond bleu, car oui il existe, et il était même utilisé bien avant le vert ! Car au tout début de l'incrustation colorée on utilisait exclusivement le fond bleu. Par exemple Le Voleur de Bagdad sorti en 1940 était le premier film à l'utiliser et, malgré la prouesse technique que c'était pour l'époque, l'incrustation comportait un défaut qui faisait tâche : le contour bleu autour du personnage qui était comme une sorte de halo. La méthode d'incrustation de l'époque ne permettait pas de s'en débarasser. De plus, on ne pouvait pas gérer les détails fins comme les cheveux, la fumée ou le flou de mouvement, et vous ne pouvez pas porter des vêtements de la même couleur que le fond. Malgré ses limites, le procédé par fond bleu a été largement utilisé, notamment dans des superproductions telles que Les Dix Commandements en 1956.
Lorsque Walt Disney a acquis les droits pour le film Mary Poppins, il a voulu profiter de l'occasion pour pousser la technologie encore plus loin. En particulier, pour une séquence avec des prises de vue réelles qui fusionnent avec les animations classiques de Disney. Mais au lieu d'engager un artiste spécialisé dans les effets spéciaux, Disney a demandé l'aide de l'ingénieur américain Petro Vlahos.
Alors pour commencer, Vlahos s'est débarrassé de l'écran bleu. Conscient de ses limites, il a cherché une autre couleur pour le remplacer. Sa réponse ? Le jaune ! Plus précisément, la teinte jaune du gaz de sodium. La même lumière que celle des lampadaires dans les rues et dans les tunnels.
Vlahos savait que le gaz de sodium produit de la lumière à une longueur d'onde très précise, montrer dessin à 589 nanomètres. Tout d’abord, le spectre d'émission atomique est un phénomène où les électrons d’un atome absorbent de l'énergie et sautent à des niveaux d'énergie plus élevés, comme dans une échelle, elles peuvent monter et redescendre. Et en revenant à leur état initial, ils libèrent cette énergie sous forme de lumière à des longueurs d'onde spécifiques, créant un spectre unique pour chaque élément. Pour le gaz de sodium, lorsqu'il est chauffé, ses électrons excités émettent principalement deux lignes jaunes distinctives dans le spectre visible, et les deux se trouvent à 589 et 589,6 nanomètres, faisant de lui l’unique élément avec un spectre d’émission aussi restreint.
En comparaison, le bleu utilisé dans les écrans bleus varie entre 435 et 500 nanomètres. En réduisant la gamme des longueurs d'onde, Vlahos savait qu'il pouvait améliorer considérablement la précision de l'isolement d'un sujet. Cela permettait déjà de résoudre les nombreux problèmes de son prédécesseur. D'une part, il n'était pas nécessaire d'éclairer les choses aussi parfaitement, et d'autre part, les couleurs des accessoires et des costumes n'étaient pas limitées. Par exemple, un clown pouvait porter une perruque multicolore sans problème, et comme le gaz de sodium à basse pression émet une teinte jaune très spécifique, le jaune dans la perruque n'aurait pas disparu.